La voix... quelle voix ?

Lorsque l'on tape sur Google "premier instrument de musique", une phrase tirée de Wikipédia s'affiche aussitôt : "Le premier instrument de musique est probablement la voix humaine elle-même". L'homme possède un instrument particulier : la voix est le seul instrument à pouvoir associer la parole à la musique. Mais comment l'homme peut-il réaliser cette prouesse ?


Comment ? Tout simplement en modelant l'air que nous expirons. L'art de parler et plus spécifiquement de chanter est de réussir à former un moule adapté pour que la matière première, l'air, se transforme en un son le plus parfait possible.

Notre voix est à la fois un instrument à vent et un instrument à corde : juste au-dessus de la trachée se situe le larynx où se trouvent deux muscles tendus transversalement que l'on nomme habituellement les "cordes vocales" ou "plis vocaux". Lorsque l'on inspire, ceux-ci s'écartent pour laisser passer l'air puis ils se referment. Lorsque nous expirons l'air force le passage et fait ainsi vibrer ces muscles. Les vibrations se transmettent à l'air et se transforment en ondes sonores de différentes fréquences : les sons les plus graves (fréquences faibles) correspondent à une grande ouverture, tandis que les sons les plus aigus (fréquences élevées) concordent avec une ouverture très fine.


Il n'y a là rien d'extraordinaire si l'on s'arrête au larynx ! Le son obtenu a en effet encore besoin d'être amplifié, modelé, projeté, … Ceci est le rôle du tractus vocal, cavité située entre le larynx et les lèvres. Cette cavité est divisée en plusieurs parties ; elles ont chacune leur fonction. Tout d'abord comme nous l'avons vu plus haut, les cordes vocales donnent la hauteur du son, sa fréquence fondamentale, la note en quelque sorte. Mais il est essentiel d'enrichir ce son par d'autres fréquences supplémentaires que l'on appelle les harmoniques et qui apparaissent lorsque le son résonne dans le tractus vocal.


Au-dessus des cordes vocales, la cavité du larynx s'ouvre en s'abaissant grâce à l'élasticité des tissus, ce qui agrandit considérablement la caisse de résonance et donne au son une couleur beaucoup plus chaude et plus ronde. Puis, tout en haut de la colonne, se trouve le voile du palais. Lorsqu'on chante, il faut l'élever comme si on s'apprêtait à bailler afin d'agrandir l'espace. Cela permet d'enrichir le son avec des fréquences très élevées pour lui donner de la brillance.

Enfin la dernière étape est de modeler le son pour former des syllabes et de le projeter vers l'avant pour que le public puisse l'entendre. Tout cela est le rôle de la cavité buccale et des lèvres qui doivent être bien mises en avant. Le fait de déplacer l'articulation vers l'avant, au dernier moment donc, permet d'homogénéiser le son et de l'amplifier. Ainsi, avec de l'entrainement, on peut chanter dans une grande salle sans avoir besoin de micro.


Il est fascinant de voir comme les expressions de visage, en modifiant la forme et la taille de notre tractus vocal, peuvent modifier la couleur du son et ainsi transmettre une émotion au public


Il est enfin nécessaire de préciser que les cordes vocales ne suffisent pas à former un beau son : l'appareil phonatoire en fonctionne pas seul et a besoin de tout le reste du corps, d'une énergie intense, pour maitriser ce magnifique instrument qu'est la voix.


Agnès Chamont

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